Après le 28e sommet de l’Union africaine de janvier 2017 qui avait été marqué par le retour du Maroc, on s’attendait ce lundi à Addis Abeba à un 29e sommet sans grande influence. Mais finalement, quelques poids-lourds sont là et notamment le Congolais Joseph Kabila.

Avec notre envoyé spécial à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier

Il y a quelques absents de marque à ce 29e sommet de l’Union africaine. On pense notamment au Sud-Africain Jacob Zuma qui est retenu à Pretoria à cause de ses graves ennuis politiques. On pense aussi au Nigérian, Muhammadu Buhari, qui est toujours souffrant.

Mais d’autres poids lourds sont là, l’Ivoirien Alassane Ouattara est arrivé dès samedi pour défendre, au côté du Guinéen Alpha Condé, et du Rwandais Paul Kagame, la grande réforme de l’Union africaine et son autofinancement.

A la recherche du soutien de ses pairs

Le Congolais Joseph Kabila est, lui, arrivé lui dimanche soir. D’habitude, il ne participe pas à ces réunions biannuelles. Mais depuis un mois, une vingtaine de ses proches y compris plusieurs ministres de son gouvernement sont frappés par des sanctions individuelles de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne qui dénoncent les graves atteintes aux droits de l’homme et à la démocratie au Congo-Kinshasa.

A voir la décontraction et le petit sourire en coin de Joseph Kabila hier, dans les couloirs du centre de conférence d’Addis-Abeba, on devinait son plaisir. Comme il ne vient pas souvent, beaucoup d’autres chefs d’Etat sollicitent un tête à tête avec lui.

Le chef de l’Etat congolais soigne d’ailleurs sa communication. Pour montrer que son régime n’est pas si indifférent aux droits de l’Homme qu’on le dit, il est venu à Addis-Abeba avec sa représentante personnelle chargée des violences sexuelles au Congo.

Lors d’une conférence de presse, Jeanine Mabunda a annoncé que depuis quatre ans les tribunaux militaires du Congo avaient rendu quelque 500 arrêts contre les responsables de crimes sexuels au sein de l’armée congolaise.

Joseph Kabila va-t-il obtenir ce qu’il cherche ? A savoir un soutien de ses homologues africains face aux sanctions que lui infligent les Occidentaux ? Réponse ce mardi à la clôture du 29ème sommet.

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L’Ouganda: Remplacement de son chef du renseignement militaire sanctionné par les Etats-Unis

Le président ougandais Yoweri Museveni a remplacé mardi le puissant chef du renseignement militaire, sanctionné depuis décembre par les Etats-Unis en raison de violations des droits de l'homme. Le général de division Abel Kandiho, nommé en 2017, devient envoyé sur les questions de sécurité au Soudan du Sud et est remplacé par le général de division James Birungi, a déclaré le ministère de la défense dans un communiqué. "Il s'agit d'un de ces transferts de routine et réaffectation, en ligne avec les prérogatives du commandant suprême de transférer, réaffecter et nommer les officiers", a déclaré le porte-parole du ministère Ronald Kakurungu cité dans le communiqué. Début décembre, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre Abel Kandiho en raison de son implication présumée et de celle de ses services dans de graves violations des droits de l'homme, notamment des passages à tabac, des agressions sexuelles et des électrocutions.   "Dans certains cas, M. Kandiho était personnellement impliqué dans les interrogatoires de personnes détenues, souvent sélectionnées en raison de leurs opinions politiques, de leur nationalité ou parce qu'elles critiquaient le gouvernement", indiquait le Trésor américain. L'armée ougandaise s'était dite "déçue" par la décision américaine. Les dernières années ont été marquées en Ouganda par des actes de répression contre des journalistes, des incarcérations d'avocats ou encore par le musellement de leaders de l'opposition. Le remplacement de Kandiho intervient quelques jours après une visite officielle du fils du président Museveni, Muhoozi Kainerugaba -dont beaucoup pensent qu'il veut prendre la succession de son père -, au Rwanda, pays avec lequel les relations sont tendues. Au cours des dernières années, des responsables rwandais ont accusé Kandiho de collaborer avec des dissidents pour enlever des citoyens rwandais en Ouganda. Mardi, Kainerugaba a félicité Kandiho et son remplaçant pour leurs nouvelles fonctions.

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