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Jean-Pierre Bemba Gombo, né le  à Bokada dans la province de l’Équateur, est un homme politique de la République démocratique du Congo. Il a été vice-président de la République durant la période de transition après avoir été dirigeant d’un mouvement de rébellion. Il est le fils de l’homme d’affaires Jeannot Bemba Saolona. Il a installé son quartier général à Gbadolite, dans la province de l’Équateur, ancien fief de Mobutu Sese Seko.

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Surnommé le Chairman, il est le fondateur du Mouvement de Libération du Congo (MLC) qu’il représentait, en tant que vice-président, au sein du Gouvernement de transition depuis le . Il est sénateur depuis 2007, malgré sa détention à La Haye, aux Pays-Bas, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Centrafrique dont il est déclaré coupable le 21 mars 20161. Il a fait appel de cette condamnation le 28 septembre 2016.

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Il est issu de l’entourage de l’ancien président Mobutu Sese Seko, auquel il est apparenté (sa sœur est l’épouse d’un des fils de l’ancien président, Nzanga Mobutu). Son père Jeannot Bemba Saolona est le principal gestionnaire financier de la fortune du clan Mobutu. Père de cinq enfants, cet homme mesurant 1,90 m2 a fait ses études secondaires au collège Boboto à Kinshasa, et ses études supérieures à Bruxelles en Belgique, où il est licencié en sciences commerciales et consulaires de l’ICHEC au côté d’Olivier Kamitatu. Il a travaillé dans leurs entreprises familiales.

En 1997, il s’exile lors de la prise du pouvoir par l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) menée par Laurent-Désiré Kabila. En 1998, il crée le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et son bras armé, l’Armée de Libération du Congo (ALC) avec le soutien des troupes ougandaises.

En 2002, le président de la République centrafricaineAnge-Félix Patassé, fait appel à Bemba, dans le but de l’aider à soutenir son régime contre un coup d’État. Lors de cette intervention, ses soldats sont réputés s’être livrés à des exactions : vols, viols, pillages3,4.

Ses miliciens sont accusés en 2003 d’avoir violé mais aussi cuisiné et mangé des Pygmées de la région de Mambasa en Ituri5,4.Résultats de recherche d'images pour « jean pierre bemba et les Pygmées »

Il est nommé vice-président du Gouvernement de transition dans le cadre du processus de paix le .

Candidat à la présidentielle d’octobre 2006, il arrive au premier tour à la deuxième place derrière Joseph Kabila Kabange avec plus de 20 % des suffrages exprimés. Il a réalisé de bons scores dans sa région d’origine l’Équateur, mais aussi à Kinshasa principalement dans les quartiers populaires et dans le Bas-Congo. Il se présente comme le fils du pays par rapport à son opposant Joseph Kabila traité de mupaya (un terme en langue lingala signifiant étranger), d’enfant illégitime6.

Le 21 août 2006, alors que Jean-Pierre Bemba est en compagnie d’ambassadeurs des pays membres du Comité international d’accompagnement de la transition (États-Unis, Grande-Bretagne, France et Belgique), ainsi que du chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo et du diplomate américain William Swing, il échappe à un bombardement de sa résidence par la Garde Présidentielle. Deux enquêtes ont été ouvertes par les deux parties en présence (les forces de Joseph Kabila et de Jean-Pierre Bemba) pour déterminer les raisons du bombardement. Deux hypothèses s’affrontent : un coup monté par les miliciens de Bemba qui auraient kidnappé deux policiers afin de provoquer un accrochage en présence des occidentaux ; ou une attaque délibérée et un dérapage des militaires de Kabila, voire une tentative d’assassinat.

Au deuxième tour, il arrive en tête à Kinshasa, dans l’Équateur, dans le Bas-Congo, dans le Bandundu et dans les deux Kasaï. Cependant, au niveau national, il n’obtient que 42 % des suffrages exprimés. Il introduit plusieurs recours auprès de la Cour suprême, mais il n’obtient pas gain de cause.