A la COP 27 le mardi 8 novembre 2022, le président français Emmanuel Macron a annoncé le début d’une nouvelle initiative internationale visant à protéger les écosystèmes fragiles dans les pays pauvres. Ces écosystèmes, notamment les tourbières, les mangroves et zones humides, sont des puits importants du dioxyde de carbone (CO2), principal gaz responsable du réchauffement climatique.

AUDIO NATHALI ROLLEY :

Pour Emmanuel Macron, le monde devrait penser à mettre en place des mécanismes qui puissent permettre la préservation des écosystèmes fragiles dans les pays pauvres afin de lutter contre le dérèglement climatique planétaire.

« Nous ne devons pas oublier que cette bataille contre le dérèglement climatique est de manière indissociable une bataille pour la biodiversité. Ces deux combats sont des jumeaux (…). La nature est notre meilleur allié pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris car le climat et la biodiversité sont deux faces d’une même médaille qui démontrent que, souvent les pays qui sont vus comme les plus pauvres sont des solutions à la lutte contre le dérèglement climatique. Les pays qui ont des réserves de biodiversité, qu’elles soient marines ou terrestres, ont des réserves de puits de carbone absolument inestimables », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « Il nous faut les aider à les préserver, les aider justement à apporter ces solutions basées sur la nature. Je pense en particulier aux écosystèmes critiques : les forêts anciennes, les tourbières, les mangroves, les zones humides qui rassemblent à la fois les plus grands stocks de carbone et les plus grandes richesses en biodiversité. Si ces écosystèmes sont détruits, des vastes réserves de carbone seront libérées, annulant toute chance de tenir nos objectifs ».

Pour y arriver, des contrats juridiques, politiques et financiers seront signés avec chaque pays détenteur de ces écosystèmes fragiles, puits de carbone.

« Nous devons donc urgemment reconnaître à ces écosystèmes un statut particulier et proposer aux Etats qui les abritent des contrats juridiques, politiques et financiers pour les aider à les préserver. Et donc faire des contrats pays par pays, en travaillant avec les ONG et pouvoir bâtir une méthode qui nous permettra de financer la préservation de ces espaces. Et d’avoir des contrats qui développeront une palette d’outils juridiques, politiques et financiers pour préserver ces écosystèmes », a ajouté le président français.

Emmanuel Macron a annoncé que le Gabon, la Colombie et les Philippines ont déjà adhéré à cette initiative. La réunion pour adapter les plans d’actions « très concrets » se tiendra début 2023 à Libreville lors d’un One forest summit.

Hormis les tourbières dont la RDC et le Congo-Brazzaville détiennent respectivement 116.000 et 55.000 km2, stockant presque 31 milliards de tonnes de carbone qui représentent l’équivalent de 3 à 4 années d’émissions de gaz à effet de serre de la planète entière, la RDC détient d’autres écosystèmes fragiles qui sont des sites Amsar, entre autres le parc marin des Mangroves au Kongo Central (768 km2), le parc national des Virunga au Nord-Kivu (7900 km2), le bassin de la Lufira partagé entre le Haut-Katanga, Haut-Lomami et le Lualaba (44.709 km2), ainsi que le site Tumba-Ngiri qui s’étend sur les provinces de l’Equateur, Mai-Ndombe, Sud-Ubangi et Mongala (65.696 km2).

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