HELLO: DR. DENIS MUKWEGE SORT DU SILENCE

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Le médecin congolais Denis Mukwege, colauréat du prix Nobel de la Paix 2018, a appelé vendredi la population congolaise à se mobiliser à l’approche des élections générales prévues l’an prochain en République démocratique du Congo (RDC), pour sortir le pays « de la tragédie » qui le frappe depuis près de trois décennies, au prix de millions de victimes. « La Nation congolaise est en péril », a-t-il lancé lors d’une conférence internationale pour la paix en RD Congo  (Cipax), qui se tenait à l’initiative de l’association Kopax – conscience congolaise pour la paix – sur le site du Bois du Cazier à Charleroi, devant un parterre d’experts belges et congolais, ainsi que de membres de la diaspora.

 

« Il est urgent de se mobiliser pour sortir du plan organisé dans lequel se trouve notre pays, (de) la tragédie que traverse malheureusement la population congolaise depuis bientôt trente ans », a ajouté le célèbre gynécologue.

 

« Depuis presque trente ans, la RDC est déchirée par des guerres d’agression à répétition, des cycles de conflit ayant entraîné une crise humanitaire majeure où les morts, les femmes violées et les déplacés se comptent en millions. La guerre n’a jamais cessé » en dépit des accords de paix successifs signés par les belligérants pour le partage du pouvoir, a-t-il poursuivi.

« Il faut mettre fin à la culture de l’impunité qui nourrit les cycles de violences », a encore dit le co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2018 – avec la Yézidie Nadia Murat.- en plaidant une nouvelle fois pour la mise sur pied d’une justice transitionnelle en RDC pour juger les auteurs de crimes du passé, souvent bénéficiaires de lois d’amnistie et le renforcement de l’état de droit.

 

Il a souligné que la guerre en RDC était « principalement économique », afin de favoriser la « prédation » des ressources minières dont regorge la RDC par le Rwanda et l’Ouganda – deux voisins « pompiers-pyromanes » qui interfèrent encore régulièrement dans les affaires congolaises – « avec la complicité des multinationales et de certains politiciens et militaires cupides et corrompus ».

Le médecin a imputé la résurgence récente de la rébellion du M23 (Mouvement du 23 Mars), qui occupe plusieurs localités, dont la stratégique cité frontalière de Bunagana, au fait que le Rwanda n’ait pas été invité à déployer son armée en RDC dans le cadre de la force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), censée éradiquer les nombreux groupes armés présents dans les deux Kivu.

 

« Le Rwanda s’est dit ‘je ne suis pas invité’ mais je viendrai par (la) force », a-t-il expliqué.

 

Surnommé « l’homme qui répare les femmes » – le titre du film que le cinéaste belge Thierry Michel lui a consacré -, le professeur Mukwege est le fondateur de l’hôpital de Panzi à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu, qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles dans l’est de la RDC.

« Aujourd’hui, je traite de petits enfants des femmes que j’ai traitées en 1999″. Et donc il n’est plus question de continuer à traiter les conséquences mais plutôt de chercher ensemble à trouver des solutions pérennes aux causes profondes du conflit qui se poursuit jusqu’à ce jour »,  a-t-il affirmé.

Selon lui, « ces changements doivent émaner avant tout des Congolais eux-mêmes » en se projetant dans le futur, une allusion aux élections générales – présidentielle, législatives et provinciales – prévues en principe fin 2023.

 

 Dr Mukwege, pressé par des intellectuels de se porter candidat à la présidentielle, n’a rien révélé vendredi de ses intentions. Il a néanmoins souhaité que les élections soient « crédibles », « transparentes », « inclusives » et « pacifiques en 2023 « conformément aux délais constitutionnels »,

« Il est crucial de sortir des crises de légitimité à répétition à la base de cycles de violences et d’instabilité politique et sécuritaire », a encore dit le Dr Mukwege, en faisant allusion aux élections controversées de 2011 et 2018 – ces dernières ayant amené un opposant, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la présidence de la République.

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