La famille de Rossy Mukendi, l’activiste tué le 25 février 2018 en marge d’une manifestation organisée par les laïcs catholiques, n’a toujours pas accès à sa dépouille. A Kinshasa, les rumeurs selon lesquelles il serait enterré secrètement commencent à courir. Ce samedi 7 avril, son père, sa mère et une dizaine d’autres membres de la famille s’étaient rendus à la morgue et à l’Hôtel de Ville pour en avoir le cœur net.
Midi à Kinshasa. Le soleil est au zénith. Sur le bas-côté de l’avenue de l’Hôtel de Ville, Fernand Mukendi, père de Rossy, entouré d’autres membres de la famille, ne cache pas sa peine : « On ne m’a pas donné l’occasion même d’accéder à la morgue. Moi, j’avais envie de voir et de toucher le corps de mon fils. »
Officiellement, le corps a été mis à la disposition de la famille depuis mi-mars. Aujourd’hui, les agents de la morgue exigent une autorisation de l’Hôtel de Ville avant d’autoriser Fernand Mukendi à accéder au corps de son fils. De son côté, l’Hôtel de Ville demande à la famille d’écrire à nouveau, explique Mireille Kanku, la grande sœur de Rossy : « A l’Hôtel de Ville on nous a encore demandé d’écrire une lettre pour dire que ça nous inquiète. »
Entre-temps, les enfants de Rossy Mukendi ne vont pas à l’école. Depuis le 25 février, sa veuve et sa famille restreinte observent le deuil à la maison familiale : « On continue toujours avec le deuil, donc les enfants sont là à l’extérieur, ne partent pas à l’école. Nous, nous travaillons, eh bien on ne sait pas partir au travail. »
D’autres familles des victimes avaient précédemment été confrontées aux mêmes difficultés. Il a fallu notamment l’implication des membres de la commission d’enquête sur la répression des manifestations du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018 pour que tous les corps soient rendus aux familles.

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L’Ouganda: Remplacement de son chef du renseignement militaire sanctionné par les Etats-Unis

Le président ougandais Yoweri Museveni a remplacé mardi le puissant chef du renseignement militaire, sanctionné depuis décembre par les Etats-Unis en raison de violations des droits de l'homme. Le général de division Abel Kandiho, nommé en 2017, devient envoyé sur les questions de sécurité au Soudan du Sud et est remplacé par le général de division James Birungi, a déclaré le ministère de la défense dans un communiqué. "Il s'agit d'un de ces transferts de routine et réaffectation, en ligne avec les prérogatives du commandant suprême de transférer, réaffecter et nommer les officiers", a déclaré le porte-parole du ministère Ronald Kakurungu cité dans le communiqué. Début décembre, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre Abel Kandiho en raison de son implication présumée et de celle de ses services dans de graves violations des droits de l'homme, notamment des passages à tabac, des agressions sexuelles et des électrocutions.   "Dans certains cas, M. Kandiho était personnellement impliqué dans les interrogatoires de personnes détenues, souvent sélectionnées en raison de leurs opinions politiques, de leur nationalité ou parce qu'elles critiquaient le gouvernement", indiquait le Trésor américain. L'armée ougandaise s'était dite "déçue" par la décision américaine. Les dernières années ont été marquées en Ouganda par des actes de répression contre des journalistes, des incarcérations d'avocats ou encore par le musellement de leaders de l'opposition. Le remplacement de Kandiho intervient quelques jours après une visite officielle du fils du président Museveni, Muhoozi Kainerugaba -dont beaucoup pensent qu'il veut prendre la succession de son père -, au Rwanda, pays avec lequel les relations sont tendues. Au cours des dernières années, des responsables rwandais ont accusé Kandiho de collaborer avec des dissidents pour enlever des citoyens rwandais en Ouganda. Mardi, Kainerugaba a félicité Kandiho et son remplaçant pour leurs nouvelles fonctions.

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