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RDC: l’audit de l’OIF relève des anomalies sur le fichier électoral

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On connaît les conclusions finales de l’audit qu’a réalisé l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) sur le fichier électoral en RDC. Le rapport complet sera rendu public ce mardi, mais RFI a pu en lire déjà une copie, ce lundi 18 juin. Le fichier est jugé globalement « inclusif, exhaustif et actualisé mais perfectible ». L’OIF écrit que des « améliorations » sont nécessaires pour « asseoir sa fiabilité » avant le scrutin prévu le 23 décembre prochain.

Concernant les anomalies, l’OIF relève d’abord le manque de sécurité des pièces d’identité utilisées pour l’enrôlement. Plus d’un quart des électeurs se sont inscrits avec des cartes d’élèves, d’étudiants ou de pension. Ces cartes sont faciles à se procurer et donc considérées comme peu fiables. Le problème dépasse les 30 % dans trois provinces, à savoir le Sankuru, la Lomami et le Haut Lomami.

Autre sujet d’inquiétude, celui de la possibilité pour les détenteurs d’une carte d’électeur 2010-2011 de se réinscrire automatiquement alors que le fichier de l’époque avait été largement critiqué. Le problème, c’est que les anomalies soient donc reportées sur le nouveau fichier.

L’OIF revient ensuite sur ces 16,6 % d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales, une source de « réelle préoccupation », écrit l’OIF. On apprend qu’ils sont répartis sur tout le territoire, mais avec des pics dans deux provinces : 55 % des inscrits n’ont pas d’empreintes, dans le Sankuru et près de 40 %, dans la Tshuapa.

Autre province à problème, celle du Nord-Ubangui, où s’était déroulée la phase pilote de l’enrôlement. Des données y ont été perdues et des électeurs sont donc enregistrés sans pièce d’identité, ni témoignage.

L’OIF déplore enfin que les observateurs et témoins des partis politiques se soient si peu impliqués dans le processus de l’enrôlement. Ils n’étaient présents que dans 0,1 % des bureaux d’inscription. Des observateurs à qui la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a d’ailleurs refusé certaines données pendant l’audit jusqu’au dernier moment, regrette l’OIF.

Les recommandations de l’OIF

Pour comprendre comment 16,6% des électeurs ont pu être enrôlés sans empreinte, l’OIF demande « des investigations approfondies » et à court terme. L’article 22 de la loi électorale offre la possibilité de d’être enrôlé sans empreinte, mais il doit s’agir d’une « dérogation exceptionnelle » assortie d’un motif, ce qui n’a pas été le cas. Cette recommandation avait déjà déjà formulée fin mai. A l’époque la Céni, avait annoncé l’affichage des listes provisoires pour y remédier mais celui-ci n’a toujours pas débuté. A ce propos l’OIF regrette que la loi électorale ne comprenne pas de date butoir claire pour cette opération et que le calendrier « électoral » soit « flou » sur le sujet.

L’OIF recommande également que la Céni continue l’inventaire des cartes vierges qui n’ont pas été restituées après l’enrôlement, soit environ un demi-million et que des sanctions soient prises contre les personnels concernées ainsi que dans tous les endroits où d’importantes anomalies ont été constatées en particuliers dans le Sankuru ou la Thsuapa.

L’OIF recommande enfin de « rationaliser » le nombre de pièces justificatives autorisées pour s’inscrire sur les listes. Actuellement, il est possible de s’inscrire avec les cartes d’électeurs de 2011, alors que fichier de l’époque comprenait de nombreuses anomalies, ou encore avec des cartes d’élèves d’étudiants ou des livrets de pension. Des documents faciles à se procurer et qui représentent tout de même un quart des inscrits.

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