PARTAGER

En séjour à Dar-es-Salaam (Tanzanie) où il a participé à une conférence organisée par le Parti Communiste Chinois en collaboration avec le Chama Cha Mapinduzi, parti au pouvoir en Tanzanie, le secrétaire permanent adjoint du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Ferdinand Kambere, a soutenu qu’au regard des principes de droits, la question d’un éventuel nouveau mandat pour Joseph Kabila est résolue et qu’aucun principe conforme à la constitution révisée de 2011 n’interdit cette éventualité.

Répondant aux préoccupations de la presse sur les principes verrouillés de la constitution, notamment sur le nombre de mandats du président de la République, Ferdinand Kambere a soutenu que ceux qui s’accrochent à ce principe ont tort. Selon lui, le mandat à renouveler doit être de la même nature, caractère et espèce que celui qui le précède. Or, soutient-il, la révision constitutionnelle de 2011 a remis en cause ce principe.

“La thèse scientifique développée par Mirindi a été débattue et soumise en public au contradictoire. Et, il s’est révélé effectivement que ceux qui s’attachent aux principes verrouillés à l’article 220 par rapport à la durée et au nombre des mandats du président de la République ont tort en interdisant d’abord le référendum dans notre pays et de continuer de chanter qu’il est interdit au président de briguer un 3ème mandat étant donné que le régime de légitimation de l’élection présidentielle doit s’interpréter par rapport à l’article 5, 70 et 71. Ils sont liés comme un tout et on ne peut pas les séparer. Lorsque l’article 5 dit que la souveraineté nationale appartient au peuple congolais, tout pouvoir émane du peuple et que le suffrage doit être universel, égal et direct. Cela ramène à l’article 70 qui nous dit que le mandat du président de la République est de 5 ans et renouvelable une seule fois. Cela signifie que ce mandat qui est de 5 ans, pour qu’il soit renouvelé, il faut qu’il soit de la même nature, de même caractère et de même espèce. Mais, avec la révision de 2011, on constate que le mandat de Kabila en 2006 était de 5 ans certes, mais un mandat obtenu à la majorité absolue. Lorsqu’en 2011, la fourchette de la légitimation passe de la majorité absolue à la majorité simple, ça signifie que ça devient un mandat d’une autre espèce”.

Pour le secrétaire permanent adjoint du PPRD, l’accord de la Saint-Sylvestre soutient le respect strict de la constitution. Or, martèle-t-il, cette constitution n’est autre que celle révisée en 2011.

“Le 2ème chapitre de l’accord dit que les parties prenantes au dialogue s’engagent à respecter la constitution. Et, cette constitution, c’est celle qui a été révisée en 2011. Où est-ce que la Cenco et tout ce qui est en train d’être créé dans sa suite comme le CLC ont trouvé cette interdiction dans notre constitution ? Le mandat du président de la République est de 5 ans et est renouvelable une seule fois. Pour qu’il soit renouvelable, il faut dire qu’il est resté un mandat de même nature, de même espèce et de même caractère”.

Ferdinand Kambere crie à une campagne de diabolisation du processus électoral en cours de l’opposition et de la Cenco.

“Les différentes campagnes menées par une frange de l’opposition dans notre pays, mais aussi quelques ténors de la Cenco pour dire qu’il est interdit au chef de l’État de briguer un 3ème mandat, vous sentez une campagne de diabolisation du processus parce qu’ils demandent que la CENI démissionne, que le processus s’arrête, une transition sans Kabila, c’est tout simplement pour mettre le peuple, l’opinion nationale et internationale dans un flou”.

En Tanzanie, dans le cadre de la conférence pour la promotion du dialogue entre les partis politiques pour le renforcement des structures et de développement des programmes adaptés aux besoins des populations, le représentant du PPRD soutient que la Chine est désormais décidée à servir de contrepoids face aux visions occidentales de la démocratie le plus souvent non-adaptée aux valeurs traditionnelles africaines.

« À travers cette conférence et, par le biais du Parti Communiste Chinois, la Chine a dit qu’elle ne va plus se taire lorsque d’autres partenaires sont là à imposer leur vision de la démocratie qui soit différente de la vision des Africains. On a droit à l’autodétermination en tant que peuples et à asseoir une démocratie qui respecte nos valeurs traditionnelles, qui respecte l’autorité qui dirige et qui respecte le peuple ».